Le créneau des circuits géotouristiques
Le 3e colloque national du patrimoine géologique s'est ouvert, hier, au Kef, avec comme thème : «Les circuits géotouristiques : rôle dans le développement socioéconomique régional».
Le colloque s'inscrit dans le cadre de la sollicitude que l'Etat attache à la sauvegarde du patrimoine géologique et minier et son exploitation pour la création de nouveaux projets à même de contribuer à la diversification de l'assise économique régionale.
Au-delà des communications scientifiques programmées à cet effet, le colloque cherche à mettre en valeur la richesse du patrimoine écologique dans sa diversité, notamment sur le plan géologique, et les opportunités que de nouveaux créneaux offrent pour la promotion de l'emploi et de l'activité socioéconomique dans son ensemble, et qui plus est, prend de plus en plus de place, de par le monde, dans le développement économique régional, grâce à la présence des grottes karstiques (ensemble de phénomènes de corrosion du calcaire), d'anciennes ruines et villages miniers, de gisements fossilifères, de stratotypes et de musées géologiques. Le choix de la région du Kef n'a pas été fortuit. Il a été motivé par la présence d'un grand nombre de sites géologiques tous prodigieux et d'une valeur historique incontestable et dont certains sont uniques au monde, comme le stratotype de Hammam Mellègue où l'on a découvert une couche d'irridium expliquant l'hypothèse d'un choc entre la terre et un astéroïde, il y a plus de 60 millions d'années, l'irridium étant un élément chimique extraterrestre et donc introuvable sur terre. Le tourisme géologique, et d'une manière générale écologique, est en voie de promotion dans tous le pays et constitue une alternative, voire une nouvelle composante du paysage touristique en Tunisie où l'on peut recenser des dizaines de sites à même de susciter la curiosité du visiteur.
Cela dit, le colloque s'est penché sur les différents volets de la question géologique dans la région du Kef, mais aussi dans la région de Siliana en procédant, entre autres, à l'examen du cas de Jbel Serj ou trônent majestueusement de nombreuses richesses géologiques et forestières qui lui donnent toute sa splendeur et sa somptuosité. Au regard aussi à la présence de roches calcaires (ophites) datant de plusieurs millions d'années et que l'on peut même apercevoir à l'½il nu sur les routes de Hammam Mellègue. Avec ses montagnes fortement escarpées et ses reliefs très accidentés, l'on ne peut que s'incliner devant cette force de la nature.
Le développement de ce genre d'activités, comme l'envisage le colloque, est très révélateur à bien des égards, car il s'agit, somme toute, d'optimiser l'exploitation de toutes les composantes de notre patrimoine national, naturel en premier lieu, et d'en faire une source de vie et de promotion de l'élément humain, et ce, à travers la création d'une activité économique génératrice de postes d'emploi et de brassage culturel car, comme l'a expliqué l'un des participants au colloque, il s'agit de faire du tourisme écologique un mode d'échange interculturel et de connaissance de l'autre.
Le colloque auquel participent des experts de pays étrangers (France et Allemagne) s'emploie à jeter les bases d'une nouvelle activité économique à grande valeur ajoutée et qui va contribuer à diversifier l'activité touristique afin de soutenir le tourisme traditionnel.
Cette nouvelle opportunité s'adresse à une clientèle qui a ses propres exigences. Une nouvelle race de promoteurs est donc attendue. Elle aura à investir dans les hôtels de charme et les géoparcs, surtout que le circuit de la région du Kef a été d'ores et déjà mis en place.
L'Office national des mines envisage aussi de créer et d'aménager plusieurs gisements miniers afin d'en faire des sites à portée touristique.
Le circuit géotouristique du Kef offre aussi un intérêt scientifique réel et constitue une fenêtre sur l'histoire des gisements de phosphates sédimentaires en Tunisie comme à Bahra, et des nummulites (organismes unicellulaires) que l'on rencontre à Jbel Eddyr du Kef. Les dépôts de trias et diapirisme en Tunisie expliquent une manifestation tectonique liée aux substances salines.
Le stratotype de Hammam Mellègue a été retenu comme coupe de référence de la limite crétacé tertiaire, mondialement connue. Et c'est en cela qu'il suscite un intérêt toujours renouvelé. Le tourisme écologique devrait permettre donc de relancer et l'activité économique et la recherche scientifique dans le domaine géologique.
La nécessité de protéger les sites géologiques s'impose alors, ainsi que leur mise en valeur.
La presse




